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Réflexions sur la transition énergétique de l’île de Sein

    L'Ile de Sein

    Petite île de 0,5 km², battue par les vents et uniquement accessible par bateau, l’île de Sein est un microcosme préservé, laboratoire à ciel ouvert des enjeux de notre monde contemporain.

    Le réchauffement climatique y est encore plus qu’ailleurs visible.

    Si l’obligation de « bien-vivre » ensemble sur un territoire fini malgré les fluctuations importantes de population * reste une gageure au quotidien, la nécessité d’accueillir de nouvelles populations, de développer l’autonomie économique de l’île, de produire sur place afin de réduire notamment la dépendance au continent sont les principaux défis du moment.

    *120 habitants l’hiver contre 1500 à 2000 l’été auxquels s’ajoutent les visiteurs

    L’autonomie énergétique, un des enjeux majeurs du monde d’aujourd’hui, peut trouver un écho particulier sur l’île de Sein. Le projet de transition énergétique, du fait de la faible population permanente de l’île et de son environnement exceptionnel (courants marins, vent) peut en effet y être plus facilement expérimenté ici qu’ailleurs et pourrait donc servir de pilote, une fois son efficacité prouvée.

    Les réflexions de Radooo sur la transition énergétique

    Plusieurs projets émergent sur le sujet: – EDF – la société IDSE (île de Sein énergie) – Mairie de l’île de Sein (partenariat avec EDF et Habitat 29)

    Radooo se propose d’apporter quelques éléments de réflexion sur un sujet qui se révèle bien plus complexe qu’il n’en a l’air… car il n’y a pas « une » solution.

    Ainsi, serait-il pertinent d’investir de plusieurs millions d’euros pour 320 compteurs EDF?

    Est-il pertinent d’investir massivement dans une technologie qui risque de devenir obsolète dans quelques années à peine?

    Quelques chiffres pour fixer les idées : EDF fournit actuellement 100% de l’énergie de l’île au moyen de deux groupes électrogènes alimentés au fioul pour une consommation annuelle d’environ 420 000 litres . Avec une moyenne de 400 habitants répartis sur l’année, cela revient à une consommation de 1050 litres/habitant.  A titre de comparaison, une voiture (20 000kms/an, 6 litres/100kms) revient à consommer 1 200 litres par voiture… 420 000 litres c’est d’ailleurs aussi la consommation annuelle du moyen de déplacement vers le continent, le bateau l’Enez-Sun qui effectue jusqu’à 3 allers et retours par jour en été. Pas si énergivore que ça les Sénans. D’ailleurs, depuis le milieu des années 2000, des économies d’énergie ont été réalisées (en partenariat avec EDF): ampoules basse tension, échanges des vieux frigidaires et congélateurs…

    Nombreuses sont les questions encore en suspens… Le but de Radooo est de poser les différents points de vue et solutions avec pour unique objectif  l’intérêt collectif.

    Les solutions actuelles ont toute la même doctrine économique : une dépendance aux subventions (CSPE :mécanisme de solidarité nationale payée par les français sur leur facture EDF). Pour Radooo, qui dit autonomie énergétique, doit également dire autonome économique. Dans une période de crise économique généralisée, il devient nécessaire que des initiatives locales soulagent les communautés _donc l’Etat_ des dépenses liées au bien-être des habitants. Dépenses nécessairement à mettre en lien avec l’urgence écologique.

    Afin d’atteindre cette autonomie économique, Radooo propose une solution sous forme coopérative et citoyenne. Nous pensons en effet que transférer la gestion à une entreprise privée, qu’elle qu’elle soit n’est pas une solution différente de la solution actuelle (cela reviendrait à remplacer EDF par une autre entreprise privée). Pour Radooo, les migrations vers les énergies renouvelables doivent être choisies, individuelles: maison par maison. Solution moins coûteuse car à faible échelle, adaptée aux évolutions technologiques car progressive, et surtout…réalisable!

    La loi actuelle permet une migration de 100% de son énergie vers du renouvelable sans réinjecter dans le réseau le surplus produit. EDF n’est donc en rien un obstacle à cette migration. De plus, conserver EDF sur l’île est nécessaire car permettra de compenser les déficits de production pour ceux qui sont déjà migrés sur du renouvelable et continuer à fournir ceux qui ne le sont pas encore.

    Techniquement parlant, les conclusions des réflexions commandées par Radooo (document ci-dessous), indiquent que les solutions d’énergie renouvelable de grande échelle ne sont pas abouties et sont encore expérimentales. De plus l’île de Sein est un cas particulier. La capacité de stockage est limitée (coûteux et polluant) et la population donc les besoins fortement fluctuants. La solution consisterait en la présence d’un groupe électrogène au fuel de plus faible puissance (rappel: EDF fournit actuellement 100% de l’énergie de l’île par ce moyen) en complément des renouvelables pour assurer l’alimentation lors de déficits dus à des conditions météorologiques défavorables.

    Pour en savoir plus sur le projet de transition énergétique de l’île de Sein, voir le document d’Yves Boulay:

    Réflexions sur les aspects techniques concernant le projet de transition énergétique de l’île de Sein

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